Les cotisations d'une micro entreprise se calculent sur chaque euro encaissé : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les services BIC, 25,6 % pour les professions libérales BNC en 2026. Sur 1 000 € facturés, il vous reste donc entre 742 € et 876 € avant impôt et frais. Ce net bouge avec l'ACRE, réduite à 25 % depuis le 1er juillet 2026, et avec cinq pièges qui coûtent plus cher que les cotisations.
Quels sont les taux de cotisations en micro-entreprise en 2026 ?
Le taux dépend de l'activité, pas du revenu. Il finance maladie, indemnités journalières, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS. S'y ajoutent la contribution à la formation professionnelle (CFP) et, en option, le versement forfaitaire libératoire (VFL) de l'impôt.
Activité Cotisations 2026 CFP VFL Taux avec ACRE (création dès le 1er juil. 2026) Reste sur 1 000 € (sans VFL) Vente de marchandises, hébergement 12,3 % 0,1 % 1 % 9,2 % 876 € Prestations de services BIC (commerçant ou artisan) 21,2 % 0,1 % ou 0,3 % 1,7 % 15,9 % 785 à 787 € Libéral non réglementé BNC (rédaction, graphisme, conseil) 25,6 % 0,2 % 2,2 % 19,2 % 742 € Libéral réglementé relevant de la Cipav 23,2 % 0,2 % 2,2 % 17,4 % 766 € Meublé de tourisme classé 6 % 0,1 % 1 % 4,5 % 939 €Le taux BNC est passé de 23,1 % en 2024 à 25,6 % en 2026 : la plus forte hausse du régime, pour les freelances du conseil et de la création.
Ce qui reste vraiment sur 40 000 € de chiffre d'affaires
Une rédactrice web en BNC encaisse 40 000 € dans l'année, soit 3 333 € par mois. Ce qui lui reste après cotisations et CFP :
Plafonds 2026 : régime micro et franchise de TVA
Deux jeux de seuils coexistent : l'un conditionne le régime micro, l'autre la facturation de TVA.
Activité Plafond micro (2026-2028) Franchise TVA : seuil de base Franchise TVA : seuil majoré Vente, hébergement 203 100 € 85 000 € 93 500 € Services BIC et BNC 83 600 € 37 500 € 41 250 €En activité mixte, le total ne dépasse pas 203 100 €, dont 83 600 € au maximum de services. L'année de création, les seuils sont proratisés : démarrer le 1er juillet ramène le plafond services à 42 145 €. Le dépassement d'une seule année ne fait pas sortir du régime ; le seuil TVA, lui, s'applique dès l'année suivante, voire le jour même.
Déclarer et payer ses cotisations : le calendrier Urssaf
Tout se fait sur autoentrepreneur.urssaf.fr, au mois ou au trimestre. L'échéance tombe le dernier jour du mois suivant la période : 31 janvier pour le 4e trimestre, 30 avril pour le 1er. La première déclaration arrive au plus tôt 90 jours après le début d'activité. Un mois à 0 € se déclare aussi : chaque oubli coûte 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, 60 € en 2026.
Pas encore immatriculée ? La date de début déclarée au guichet unique de l'INPI fixe la durée de votre ACRE. Elle se choisit en connaissant les étapes de la création d'entreprise, du statut à la première déclaration. L'ACRE se demande ensuite à l'Urssaf sous 60 jours ; sans réponse en 30 jours, elle est accordée.
Votre taux exact et l'option des cotisations minimales (à demander avant le 31 décembre) figurent sur la fiche officielle des cotisations du micro-entrepreneur sur Service-public Entreprendre.
Les 5 pièges qui grignotent ce qui reste
1. Croire que l'ACRE dure 12 mois
L'exonération court jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit le début d'activité. Démarrer le 3 septembre 2026 donne un taux réduit jusqu'au 30 juin 2027 : 10 mois, pas 12. Le jour de la sortie, une freelance BNC passe de 19,2 % à 25,6 % : sur 3 000 € mensuels, 192 € de cotisations en plus chaque mois.
Mon conseil : fixez votre début d'activité au 1er janvier, 1er avril, 1er juillet ou 1er octobre. Vous gagnez jusqu'à 2 mois d'ACRE. Et provisionnez au taux plein dès le premier mois.2. Oublier que l'on cotise sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice
Les frais réels ne se déduisent ni des cotisations ni de l'impôt : l'abattement forfaitaire les remplace. Avec 6 000 € de frais sur 40 000 € encaissés, le bénéfice tombe à 34 000 €, mais les cotisations restent à 10 240 €, soit 30,1 % du bénéfice réel. Au-delà de 25 à 30 % de frais, le réel devient plus rentable.
3. Franchir le seuil de TVA bien avant le plafond micro
En services, 37 500 € suffisent, quand le plafond micro est à 83 600 €. Dépasser 37 500 € une année impose la TVA au 1er janvier suivant, sans tolérance depuis le 1er janvier 2025 ; dépasser 41 250 € l'impose dès le jour du dépassement. Une prestation de 1 000 € HT se facture alors 1 200 € TTC ; si le client refuse la hausse, vous perdez 167 € par facture.
4. Être surprise par la CFE la 2e année
La cotisation foncière des entreprises est due même sans local. L'année de création est exonérée si vous déposez le 1447-C-SD avant le 31 décembre ; la base est ensuite réduite de 50 % la première année. L'avis arrive sur impots.gouv.fr mi-novembre, à payer au 15 décembre : 150 à 600 € selon la commune. Un chiffre d'affaires N-2 inférieur ou égal à 5 000 € vous en exonère.
5. Dépasser le plafond micro deux années de suite
Au-delà de 83 600 € en services en 2025 puis en 2026, vous basculez au réel le 1er janvier 2027 : comptabilité complète, réel simplifié en BIC ou déclaration contrôlée en BNC, et cotisations sur le bénéfice. Anticipez dès la première année de dépassement : un expert-comptable coûte 1 200 à 2 500 € par an.